Solidarité تضامن

Stop à la répression au Maroc

La répression qui s’est abattu au Maroc envers les enseignants et les stagiaires a provoqué un vent d’indignation à travers le pays et auprès de la communauté marocaine résidant à l’étranger.

De quoi s’agit-il ?

Lors de sa séance du 7 janvier, le gouvernement ultra-libéral de droite conservatrice vient de décider de changer unilatéralement le statut des enseignants stagiaires qui étaient rémunérés comme salariés à la hauteur de 2500 Dirhams. Selon la proposition, ils deviendront des étudiants qui percevront une bourse à la hauteur de 1200 Dh (moins que le loyer d’une habitation insalubre dans une grande ville).

Pire encore, pas loin de 9.500 enseignants stagiaires sont concernés cette année-ci, dont seulement 7.000 seront engagés, les autres seront redirigés vers le secteur public, où il y a déjà une pénurie d’emplois et, au Maroc, l’allocation de chômage n’existe pas.

C’est une cassure de contrat, car auparavant, ceux qui réussissaient l’examen d’entrée avaient un poste garanti à la fin de leurs études, cette attaque cadre dans la politique antisociale propre à ce gouvernement de droite conservatrice.

Le 12 janvier, des dizaines de milliers de travailleurs et de pensionnés ont manifesté contre une autre mesure qui vise à repousser l’âge de retraite à 63 ans. Parallèlement, le gouvernement réprime toute tentative de résistance. Le 7 janvier, 20.000 enseignants stagiaires et sympathisants ont manifesté aux quatre coins du pays, mais les manifestants ont vite été confrontés aux matraques de la police. A Marrakech, 30 blessés ont été signalés, à Casablanca 40 et à Inezgane (Agadir) 60, deux d’entre eux le sont gravement.

Cela a suscité une vague d’indignation générale sur le plan national y compris au sein du gouvernement même, ce qui illustre que c’est le régime qui décide sans tenir compte des institutions fantoches que sont le parlement et le gouvernement. Depuis les mouvements du 20 février 2011, rien n’a fondamentalement changé au Maroc, que ce soit par rapport au droit d’expression ou de liberté individuelle et culturelle en passant par les libertés syndicales et sociales, puisque ce n’est pas dans l’intérêt du régime de les mettre en pratique. Plus de 300 prisonniers politiques, majoritairement des jeunes et des étudiants, ont été incarcérés depuis 2011 sous de fausses accusations de droit commun. Les mouvements sociaux sont criminalisés.

La culture et la langue Amazighs (Berbères) sont mis de côté malgré sa constitutionnalisation en 2011, une grande régression dans l’enseignement est constaté, les lois organiques qui doivent intégrer cette langue à la vie active n’ont toujours pas été votées.

Nous revendiquons une réelle enquête sur les évènements, impliquant les syndicats, la coordination nationale des enseignants stagiaires, les associations des droits humains pour faire la clarté sur les évènements et condamner les responsables. Nous exigeons la libération des détenus politiques, la restitution des subsides des produits de nécessité (gaz, carburant, farine, sucre,… ), le retrait du décret sur les enseignants stagiaires et les retraités, un salaire minimum correspondant aux besoins réelles et la chute du système ultra libéral. Nous appelons à la constitution de comités populaires et à leur regroupement sur le plan national en vue de la tenue d’une assemblée constituante populaire et démocratique qui placerait l’économie dans les mains du peuple et non dans celles d’une élite mi-capitaliste, mi-féodale.

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