Solidarité تضامن

Iran: Défense du salaire minimum

Déclaration de 6 organisations ouvrières indépendantes iraniennes en faveur du salaire minimum

Ce début mars, des dizaines de milliers d’enseignants ont été à l’origine d’actions de protestations « silencieuses à travers l’Iran destinées à dénoncer leurs salaires de misère. Ce mouvement prend place dans le cadre de l’appel pour un salaire qui permet de vivre décemment, qui reçoit un écho croissant dans le pays. En février, six organisations ouvrières avaient publié une déclaration commune appelant à une augmentation du salaire minimum que nous avons reçue et que nous publions ci-dessous.

Nous, travailleurs, reposons sur la force de notre unité et de notre solidarité, nous n’hésiterons pas un moment à défendre nos conditions de vie.

Aujourd’hui, chaque homme décent est conscient du fait indéniable que des millions de travailleurs des grandes et petites industries, d’enseignants, d’infirmières et de retraités vivent dans la pire situation possible de toute l’histoire récente du pays, ces cinquante dernières années. Cela signifie que, aux dires des experts et des responsables gouvernementaux, les vies de millions de familles sont actuellement tombées sous le seuil de pauvreté et que les fruits, la viande et les produits laitiers ont été retirés de leurs tables.

Ces horribles conditions ne sont pas apparues dans un pays ravagé par la famine, elles sont imposées aux travailleurs dans un pays qui dispose d’une main-d’œuvre jeune, instruite et qualifiée ainsi que des plus grandes réserves combinées de pétrole et de gaz au monde. N’est-il pas honteux que des enseignants soient obligés de couvrir leurs dépenses en travaillant comme chauffeur de taxi ou de bus? Les retraités de ce pays méritent-ils de sentir une énorme pression et de grandes inquiétudes occuper leurs vies en raison de leurs maigres pensions? Connaissez-vous un pays où des millions de travailleurs travaillent 12 à 18 heures par jour mais sont incapable de satisfaire les besoins de base de leurs familles et doivent avoir honte face à leurs enfants? Acceptez-vous que, dans ce pays, des milliers de personnes atteignent le point de vendre leurs reins ou de se prostituer alors que nous assistons au grand développement de la toxicomanie, de la misère, du désespoir et de la frustration de millions d’habitants, d’adolescent aux personnes âgées?

Sans aucun doute, les travailleurs et les personnes honorables d’Iran répondront à toutes ces questions de manière négative. Les travailleurs n’ont jamais gardé le silence dans la défense de la dignité humaine. Malgré les arrestations et l’emprisonnement, les procès et les poursuites judiciaires, ils ont trouvé une manière d’agir soit par des pétitions, par la grève ou par des actions de protestation. Nous exigeons la fin de ces conditions misérables. Mais les travailleurs de ce pays n’ont pas le droit de vivre. L’appel à l’imposition d’un meilleur salaire minimum se développe, pour assurer que le vieux cycle des abus annuels avec des marionnettes comme les organisations gouvernementales, la violation de l’article 41 du Conseil du travail et l’oppression ne se répètent et pousse des millions de familles de la classe ouvrière encore plus sous le risque de la pauvreté. La continuation de cet imparable cycle d’oppression a imposé au fur-et-à-mesure des décennies une pression sur les conditions de vie à tel point qu’alors que le salaire minimum est de 608.000 Tomans (environ 150 euros), nombre de travailleurs ne perçoivent même pas ce salaire minimum. Selon les experts et les institutions officielles du gouvernement, le panier moyen de dépenses pour un ménage de quatre personnes revient mensuellement à plus de trois millions de Tomans (environ 800 euros). La survie de nos travailleurs devient donc impossible.

Par conséquent, sur base de ces faits confirmés et indéniables et en rappel des récentes manifestations des enseignants, des travailleurs de l’industrie automobile et des travailleurs du secteur public, nous, signataires de cette déclaration, déclarons notre détermination inébranlable à avoir une vie en conformité avec les conditions de vie nécessaires. Nous déclarons d’urgence au gouvernement et aux propriétaires du capital que si cet écart entre le salaire minimum indigne de 608 000 Tomans et le panier de base des ménages n’est pas comblé, les manifestations vont devenir plus profondes et plus larges chaque jour. Nous comptons sur la force de notre alliance et n’hésiterons pas un instant à défendre nos moyens de subsistance.

1 – Iranian Workers Free Trade Union
2- Committee to Pursue the Establishment of Workers’ Organizations in Iran
3- Labor Rights Defenders Association
4. Coordinating Committee to Help form Workers’ organization
5. Sugarcane Workers’ Union of Haft Tapeh
6. Painters’ Union of Alborz Province

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